Une mer calme, un moteur qui ronronne et une sortie prévue pour quelques heures.
Pour beaucoup de plaisanciers, c’est le scénario classique d’une journée en bateau.
Pourtant, la majorité des incidents en mer ne surviennent pas lors de grandes traversées. Ils arrivent souvent près des côtes, pendant des navigations courtes, là où l’on se sent justement le plus en sécurité.
C’est précisément pour cette raison qu’existe la Division 240, la réglementation française qui encadre le matériel de sécurité obligatoire à bord des bateaux de plaisance.
Souvent perçue comme une simple liste d’équipements, cette réglementation joue en réalité un rôle central dans la prévention des accidents en mer. Et même si elle n’a pas connu de révolution en 2026, certaines règles récentes méritent d’être bien comprises par tous les plaisanciers.
La Division 240 : la base de la sécurité en plaisance
En France, la Division 240 définit l’armement de sécurité obligatoire pour les bateaux de plaisance de moins de 24 mètres.
Le principe est simple :
plus un bateau s’éloigne d’un abri, plus il doit embarquer d’équipements de sécurité.
Cette logique permet d’adapter les obligations au niveau de risque réel de la navigation.
Car en mer, la distance à la côte change tout : le temps d’intervention des secours, les possibilités de refuge et la gestion des urgences.

Navigation basique : jusqu’à 2 milles d’un abri
C’est la catégorie la plus proche des côtes.
Elle concerne par exemple :
- les sorties pêche côtières
- les balades autour d’un port
- les navigations dans une baie
Même dans ce périmètre limité, certains équipements restent obligatoires.
Parmi eux :
- un gilet de sauvetage par personne
- un dispositif lumineux individuel
- un moyen de repérage sonore
- un dispositif d’assèchement
- un moyen de remorquage
Ces équipements peuvent sembler simples, mais ils constituent la première ligne de sécurité en cas d’imprévu.
Navigation côtière : jusqu’à 6 milles
C’est la catégorie la plus courante pour les plaisanciers.
À cette distance, les obligations deviennent plus complètes afin de gérer une situation d’urgence sans assistance immédiate.
L’équipement doit notamment comprendre :
- trois feux rouges à main
- un miroir de signalisation
- un compas magnétique
- une carte marine ou un GPS
- un dispositif pour remonter une personne tombée à l’eau
Ces éléments permettent notamment de signaler un problème aux autres navires ou aux secours.

Navigation semi-hauturière : jusqu’à 60 milles
Lorsque l’on s’éloigne davantage des côtes, la préparation devient essentielle.
La Division 240 impose alors du matériel plus important, notamment :
- un radeau de survie
- des fusées parachute
- une VHF marine
- un équipement de navigation plus complet
À cette distance, un incident peut nécessiter plusieurs heures avant l’arrivée des secours.
Le matériel embarqué devient donc une véritable assurance survie pour l’équipage.
Les évolutions récentes de la réglementation
Même si la Division 240 ne change pas radicalement en 2026, certaines règles ont été renforcées ou clarifiées ces dernières années.
Ces évolutions visent surtout à améliorer la prévention des accidents.
Le coupe-circuit : un geste simple qui peut sauver des vies
Sur les bateaux à moteur hors-bord, le coupe-circuit est désormais un élément central de la sécurité.
Ce petit cordon relie le moteur au pilote.
S’il tombe à l’eau, le moteur s’arrête immédiatement.
Cela évite une situation particulièrement dangereuse : un bateau qui continue à tourner sans pilote à bord.
Beaucoup d’accidents de plaisance ont été liés à ce scénario.
Aujourd’hui, les autorités maritimes rappellent régulièrement que le coupe-circuit doit être porté pendant la navigation, et pas seulement laissé près du tableau de bord.
La veille VHF : un élément clé de la sécurité collective
La radio VHF reste l’un des outils les plus importants en mer.
Si un bateau est équipé d’une VHF, la réglementation précise désormais qu’elle doit rester en veille pendant la navigation.
Cette règle permet :
- d’entendre les messages de sécurité
- de recevoir les alertes météo
- de répondre rapidement à un appel de détresse
La mer fonctionne aussi sur la solidarité entre navigateurs.
Une veille radio active contribue directement à cette sécurité collective.
Harnais et longe : une pratique encouragée
Sur les voiliers ou lors de navigations agitées, les chutes à la mer représentent un risque réel.
Le harnais et la longe permettent au navigateur de rester attaché au bateau lorsqu’il se déplace sur le pont.
Même si leur usage dépend des conditions, la réglementation insiste davantage sur leur importance dans les situations à risque.

Le problème le plus fréquent : un équipement mal vérifié
Dans la pratique, la majorité des plaisanciers possèdent déjà le matériel obligatoire.
Le problème vient souvent ailleurs.
Certains équipements ne sont plus fonctionnels ou plus à jour :
- fusées périmées
- piles absentes dans les lampes
- extincteurs non vérifiés
- gilets mal entretenus
- radeaux non révisés
Ces situations sont plus courantes qu’on ne l’imagine.
Avant chaque sortie, un contrôle rapide du matériel peut pourtant éviter bien des mauvaises surprises.
Pour faciliter cette vérification, nous avons publié sur Sailhorn une check-list complète de sécurité avant navigation, accessible ici :
https://sailhorn.com/securite-obligations/check-list-securite-bateau-le-protocole-indispensable-avant-chaque-sortie/
La réglementation fixe un minimum… mais pas une limite
La Division 240 définit le minimum légal.
Mais de nombreux plaisanciers expérimentés embarquent du matériel supplémentaire.
Par exemple :
- une balise de détresse personnelle
- une radio portable étanche
- une lampe frontale
- des rations d’eau
- un couteau de sécurité
Lors des navigations plus longues, certains équipages préparent même un véritable kit de survie marin.
Nous avons d’ailleurs détaillé ce sujet dans un guide complet :
https://sailhorn.com/autonomie-et-vie-a-bord/kit-survie-bateau-le-guide-complet-pour-naviguer-en-securite/
Pourquoi ces règles restent essentielles
Chaque année, les opérations de secours en mer montrent une réalité simple.
Les incidents concernent souvent :
- des bateaux mal préparés
- du matériel absent ou défectueux
- une mauvaise anticipation des conditions
La réglementation n’empêche pas tous les accidents.
Mais elle fournit une base de préparation indispensable.
Naviguer en 2026 : ce qu’il faut retenir
Pour les plaisanciers, la situation reste relativement stable.
La Division 240 continue de structurer la sécurité en mer autour d’un principe simple : adapter l’équipement à la distance de navigation.
Les points essentiels à retenir restent les suivants :
- respecter les équipements obligatoires selon la zone de navigation
- utiliser le coupe-circuit sur les bateaux à moteur
- maintenir la VHF en veille lorsqu’elle est installée
- vérifier régulièrement le matériel de sécurité
Car en mer, la meilleure sécurité reste toujours la préparation.
Un bateau bien équipé, un équipage attentif et une navigation anticipée permettent de profiter pleinement de la mer… tout en réduisant considérablement les risques.


